Éclairages

Conversations


Des rendez-vous au foyer-bar, proposés et animés par Jean-Pierre Han, journaliste et rédacteur en chef des Lettres françaises, directeur et rédacteur en chef de la revue Frictions et François Leclère, metteur en scène. Des lectures imaginés par François Leclère ponctuent les échanges

_ LE CLOWN D’AUJOURD’HUI
Samedi 20 octobre 16h

Qu’y a-t-il derrière les masques, le maquillage ou le simple nez de clown ? Qui est qui, qui joue quoi ? Comment ? Pourquoi ? Délégation, transfert d’identité, troubles de la personnalité, où sommes-nous ? Pour faire une plongée dans ces questions intimes, Meriem Menant (alias Emma la clown dans Dieu est-elle une particule ? s’installe sur le divan avec Catherine Dolto pour questionner l’identité du clown, sa représentation, son être-là au monde.
Une conversation menée par Jean-Pierre Han et ponctuée par des lectures choisies par François Leclère et lues avec le comédien Cyril Anrep.

Meriem Menant, issue de l’Ecole internationale de théâtre Jacques Lecoq, elle a travaillé avec des compagnies de théâtre proches de cette formation. En parallèle à son travail de comédienne, elle crée son personnage de clown Emma en duo avec Gaetano Lucido, en 1991. Après quatre années en duo, elle tourne ses numéros en solo et crée en 1997 son premier spectacle Emma la clown. Suivent notamment Emma la clown : l’heureux Tour, Emma la clown sous le divan, dieu est-elle une particule ?, Emma la clown, voyante extralucide, spectacle de rue avec caravane.
Catherine Dolto devient médecin après avoir étudié le théâtre et la sociologie. Elle a beaucoup travaillé avec Françoise Dolto pour son émission radiophonique "Lorsque l’enfant paraît". Elle vient de sortir chez Gallimard
« Mon cahier de bien-être » pour les 8-12 ans et est notamment l’auteur de
« Rire guérir - des clowns qui guérissent », qui sert de trame au spectacle
« Emma la clown sous le divan ». _

_ BERNARD-MARIE KOLTÈS ET L’AMÉRIQUE LATINE
Samedi 17 novembre 17h

En 1977, B.-M. Koltès écrit Sallinger à la demande du metteur en scène Bruno Boëglin avant de se retirer en Amérique latine pour nourrir ses écrits. Depuis, la pièce a été montée par Michel Didym, ex-directeur artistique de Tintas Frescas en Amérique Latine. Aujourd’hui Paul Desveaux en propose une création franco-argentine et partage, avec ces deux metteurs en scène, son regard sur cette pièce, au plus près des pas de l’auteur sur le continent sud-américain. Ils échangeront leur regard sur cette pièce, au plus près des pas de l’auteur sur le continent sud-américain.
Cette conversation animée par Jean-Pierre Han sera ponctuée de lectures choisies et lues par François Leclère avec la comédienne Lara Suyeux

Bernard-Marie Koltès auteur
Il est le dramaturge français contemporain le plus joué au monde. Né en 1948 à Metz, issu d’une famille catholique, il est éduqué par des jésuites. En 1970, il connaît son premier choc théâtral en découvrant Maria Casarès dans Médée à Strasbourg. Il commence alors ses premières adaptations et mises en scène, et entre comme élève régisseur au Théâtre National de Strasbourg. Il écrit en 1972 L’Héritage diffusé avec Maria Casarès sur France Culture, La Fuite à cheval très loin dans la ville, un roman – tandis qu’il se désintoxique de la drogue – puis Sallinger en 1977 sur une commande de Bruno Boëglin. À la fin des années 70, il voyage en Amérique latine, au Mali et en Côte d’Ivoire. En 1978, trois nouvelles naissent au Nicaragua. En 1983 commence la collaboration avec Patrice Chéreau, qui crée Combat de nègres et de chiens à Nanterre. Elle se poursuit avec un scénario inédit Nickel Stuff, Quai Ouest en 1986 et Dans la solitude des champs de coton en 1987. Toujours à Nanterre, Luc Bondy met en scène en 1988 Conte d’hiver de Shakespeare dans la traduction de Koltès. Atteint par le sida, il s’inspire du meurtrier Roberto Succo pour sa dernière pièce. En 1989, il meurt en laissant un début de dialogue entre Coco Chanel et sa servante Consuelo. Depuis une dizaine d’années, il est considéré comme un auteur classique contemporain. Le monde littéraire le reconnaît comme l’un de ses fils les plus novateurs. Son œuvre est aujourd’hui traduite dans une trentaine de langues, et jouée dans une cinquantaine de pays.­

Paul Desveaux metteur en scène de Sallinger au Teatro San Martin de Buenos
Aires en 2012, repris au Théâtre 71 du 13 au 24 novembre.
Ce passionné de littérature, débute comme comédien au cours Florent, poursuit sa découverte du théâtre à l’École de Jean-Louis Barbaz, puis fonde sa compagnie L’Héliotrope en 1997. La particularité de son travail théâtral, outre le choix de textes majeurs et fondateurs du théâtre contemporain, réside dans sa collaboration avec la chorégraphe Yano Iatridès et le compositeur Vincent Artaud. Dans son parcours, il s’intéresse aux auteurs contemporains et au répertoire allemand, russe et français. En 2008, il part à la demande du Teatro San Martin à Buenos Aires, avec la complicité de Céline Bodis, pour monter avec des acteurs argentins Jusqu’à ce que la mort nous sépare de Rémi De Vos. Sallinger est la deuxième commande de mise en scène de ce prestigieux théâtre. Au Théâtre 71, il a présenté Les Enfants terribles et en mai dernier Pollock de Fabrice Melquiot.

Michel Didym metteur en scène de Sallinger au Théâtre de la Ville/Les
Abbesses en 1999, invité au Théâtre 71 avec Savoir-vivre de Pierre Desproges, du 5 au 9 février 2012
Acteur, metteur en scène, directeur artistique de La MEEC – La Mousson d’Été (depuis 1995) et Directeur du CDN Lorraine à Nancy, il a été formé au TNS et n’a eu de cesse de défendre les écritures contemporaines. En 1989, lauréat du prix Villa Médicis-Hors les murs, il dirige plusieurs ateliers à New-York et à San Francisco sur des textes contemporains français. Depuis il monte les pièces de Philippe Minyana, Armando Llamas, Michel Vinaver, Daniel Danis, Hanoch Levin, Emmanuel Darley, Serge Valletti, Christine Angot, Carlos Liscano, Lee Hall, Laurent Gaudé... ou encore Jonas Hassen Khemiri avec Invasion ! présenté au Théâtre 71 la saison dernière. Il a été directeur artistique de Tintas Frescas en Amérique latine, organisée par L’AFAA (ministère des Affaires Etrangères) en 2003-2004.

Lara Suyeux comédienne
Elle débute son apprentissage dès l’adolescence au Cours René Simon, elle intègre ensuite l’École Pierre Debauche et suit l’enseignement de Jean-Louis Martin-Barbaz. Elle participe aux stages d’Alain Recoing, Philippe Adrien ainsi que Joël Pommerat et Galin Stoev. Au théâtre, elle joue entre autres sous la direction de Benoît Lambert (Célimène dans Le Misanthrope de Molière au Théâtre 71, Ca ira quand même d’après 20 ans et alors de Don Duyns, La Conversation interrompue collage de textes, Lorrenzaccio d’Alfred de Musset), Georges Werler, William Mesguich, Stéphanie Tesson, Pierre Debauche, Elisabeth Chailloux, Jacques Descordes... Elle est lectrice à plusieurs reprises au festival des correspondances de Grignan. Elle tourne pour la télévision et le cinéma, et interprétera prochainement deux pièces de l’auteur uruguyen Gabriel Calderon, l’une mise en scène par l’auteur et l’autre par Adel Hakim au Théâtre des quartiers d’Ivry.
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_ LE VRAI et LE FAUX
Samedi 19 janvier 17h

Lieu par excellence de l’illusion et des apparences, le théâtre transcende le réel au-delà des limites, figure le vrai pour faux et le faux pour vrai. Il peut aussi se jouer de l’espace et du temps avec des morts qui reviennent pour dialoguer avec les vivants. Les metteurs en scène Jacques Vincey (La vie est un rêve), Anton Kouznetsov (Les âmes mortes) et Benjamin Lazar (Cachafaz) débattent des moyens ingénieux à inventer pour surpasser l’invraisemblable des pièces et atteindre le vrai du théâtre.

Jacques Vincey metteur en scène
invité au Théâtre 71 avec La Vie est un rêve de Pedro Calderón de la Barca du 15 janvier au 2 février
Après des études de lettres et une formation de comédien à Grenoble et Paris il est engagé par Patrice Chéreau, Bernard Sobel, Robert Cantarella, Luc Bondy et André Engel dont il a été aussi l’assistant. Il fonde sa compagnie « Sirènes » (site) en 1995. Repéré au Festival d’Avignon dès 2001 avec Gloria de Jean-Marie Piemme, cette révélation se confirme en 2004 par la mise en scène du Belvédère de Horvath, puis par celles de Mademoiselle Julie de Strindberg, Madame de Sade de Mishima et La Nuit des rois de Shakespeare. Récemment, il a monté Le Banquet d’après Platon et Amphitryon de Molière à la Comédie-Française, Jours souterrains (création en France) d’Arne Lygre et Les Bonnes de Jean Genet. Passionné de transmission, il enseigne dans les lycées, auprès de professionnels et a dirigé un
atelier à Sciences Po Paris autour de sa création La Vie est un rêve de Pedro Calderón de la Barca .

Anton Kouznetsov metteur en scène
invité au Théâtre 71 avec Les Âmes mortes de Nicolas Gogol du 19 au 23 février
Né à Saratov (Russie), il se forme comme acteur au Conservatoire National d’Art Dramatique puis à l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg avec Lev Dodine. Il est acteur dans Gaudeamus, l’un des plus célèbres spectacles de son maître. En 1992, la tournée de ce spectacle l’amène en France et aux quatre coins de la planète. L’année suivante, il intervient au Théâtre National de Strasbourg et devient l’assistant de Lluis Pascal et de Georges Lavaudant à l’Odéon Théâtre de l’Europe. En 1995, il crée la Compagnie Babel et met en scène des spectacles en France et en Russie. De 1998 à 2006, il est le directeur du Théâtre National Drama Académique de Saratov où il invite des artistes français à créer, met en scène lui-même des auteurs français, et organise des tournées en France. En 2005, contraint de quitter le pays il s’installe en France, il continue ses créations alternant auteurs russes et français. Il est depuis mars 2009, responsable pédagogique de L’Académie-École Professionnelle Supérieure de Théâtre du Limousin.

Benjamin Lazar metteur en scène
invité au Théâtre 71 avec Cahafaz de Copi, du 19 au 24 mars
Né en 1977, Benjamin Lazar étudie la déclamation et la gestuelle baroques auprès d’Eugène Green dès l’âge de onze ans. Il pratique également le violon à la Schola Cantorum et le chant auprès de Dominique Moaty. Diplômé de l’école de comédien Claude Mathieu et de l’académie des Arts de Minsk, il travaille avec des ensembles musicaux comme la Simphonie du Marais, avec qui il crée trois spectacles sur Bensérade, Racine et Molière et enregistre Le Ballet de Flore de Lully. Assistant de Michel Didym, il signe comme metteur en scène le spectacle Il Fasolo (2002) pour l’ensemble baroque Le Poème Harmonique et dans le cadre de l’Académie Bach d’Arcques-la-Bataille, L’autre Monde ou les Etats et Empires de la Lune de Savinien Cyrano de Bergerac. La création du Bourgeois Gentilhomme en 2004 dans une version comédie-ballet saluée unanimement par la critique l’impose comme l’un des grands artisans du renouveau du spectacle baroque en France. Depuis il a créé dans le domaine du lyrique une quinzaine de spectacles dont le dernier Ma mère musicienne, sur une musique de Vincent Manac’h, sous la direction musicale de Geoffroy Jourdain. _

_ TEXTE ET CORPS, UN LANGAGE CHORÉGRAPHIQUE
Samedi 9 février 17h

Qui n’a pas entendu dire au moins une fois, à la sortie d’un spectacle de danse contemporaine, « ça manque de dramaturgie » ? Manière de signifier qu’il y a des faiblesses du côté du sens. Les chorégraphes Paco Dècina et Hervé Robbe, successivement en résidence au Théâtre 71, témoignent avec Irène Filiberti, critique et conseillère artistique pour la danse, de cette relation vulnérable, fragile, intime. Quelles relations les mots engagent-ils avec le corps et avec les corps entre eux ? Où va le sens ? Par où passe-t-il ?

Paco Dècina s’installe à Paris en 1984 où il fonde sa compagnie de danse, la compagnie Post-Retroguardia. En 1987, il reçoit le prix chorégraphique de la Ménagerie de Verre avec Tempi Morti, et l’année suivante, le grand public le découvre avec Circumvesuviana. Suivent une trentaine de créations parmi lesquelles Scilla e Cariddi, Ciro Esposito fu Vincenzo, Fessure, Mare Rubato ou Infini, solo en hommage à Christian Ferry-Tschaeglé. En 1998, Paco Dècina travaille un nouveau solo, Lettre au Silence, et Neti-Neti (Ni ceci, Ni cela), duo créé en 2000 pour deux danseurs, est conçu comme une ouverture aux paysages silencieux de l’être. La recherche sur l’épure du mouvement prévaut dans ces deux pièces qui seront présentées à Paris au Théâtre de la Ville, en France et à l’étranger. Plus récemment, Paco Dècina crée Cherchant l’Inspiration poétique pièce pour le Junior Ballet du Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris (2004), Salto nel Vuoto pièce pour 5 danseurs tchèques et slovaques (2005), Fresque, femmes regardant à gauche pièce pour sept danseurs (2009), Non Finito (2011) et dans le cadre de sa résidence 2011/2012 au Théâtre 71 Précipitations.

Hervé Robbe est en résidence cette saison au Théâtre 71 et à La Fabrique des Arts où il a présenté en novembre dernier Un terrain encore vague et répété Slogans qui sera présenté sur le grand plateau les 13 et 14 février. Après quelques années d’études d’architecture, Hervé Robbe se destine à la danse. Il a été principalement formé à Mudra, l’école de Maurice Béjart à Bruxelles. Il débute sa carrière d’interprète en dansant le répertoire néo-classique, puis collabore avec différents chorégraphes contemporains.
En 1987, il fonde sa compagnie : le Marietta secret, et obtient très vite des récompenses : Bourse Léonard de Vinci, Bourse Villa Médicis Hors-les-Murs, prix SACD Nouveau Talent Danse... Créateur associé pour trois ans au Quartz de Brest, il devient en 1999 directeur du Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie et crée à l’issue de son mandat la compagnie Travelling & Co en 2012. À ce jour il a réalisé plus de quarante-quatre spectacles chorégraphiques diffusés sur l’ensemble du territoire français et à l’international. Au fil des années, son travail s’est sophistiqué, associant à la présence chorégraphique, des univers ou des dispositifs architecturaux, plastiques, vidéographiques, sonores et technologiques. Tous ces projets, œuvres polysémiques, ont pris des formes multiples. Une typologie de créations, dont les formats et les esthétiques se sont constitués en alternance entre des spectacles pour la scène, des performances déambulatoires, des films, des installations, et des expositions.

Irène Filiberti est critique d’art et de danse et conseillère artistique indépendante. Enseignante au département Arts de la scène, de l’image et de l’écran, spécialité Danse de l’Université Lumière Lyon 2 (2005/2011), membre du conseil scientifique du Dictionnaire de la Danse (dir. P. Le Moal, éd. Larousse, 1999-rééd. 2008), elle a réalisé le n° spécial Bref Chaillot-Jean Vilar (2012), a publié Catherine Diverrès, Mémoires passantes (coédition L’œil d’or, CND, 2010), Dansez, dansez… (Les Solitaires intempestifs, 2003).
En parallèle à ses activités d’écriture et de conseil, elle développe des ateliers de formation autour de l’analyse des spectacles pour différents lieux et festivals.

_ TRAVAILLER, CONSOMMER, RÉSISTER
Samedi 13 avril 17h

À LA MÉDIATHÈQUE PABLO NERUDA

Dario Fo, prix Nobel de littérature en 1997 « pour avoir fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés », écrit avec On ne paie pas, on ne paie pas ! l’une des rares manifestations jubilatoires de ce que le débat politique peut devenir s’il est mené par les artistes. Près de quarante ans plus tard, où en est-on des questions de la valeur travail et du pouvoir d’achat ? Pour en débattre Joan Mompart, metteur en scène, Jack Ralite, Jean-Luc Tomás et Gabriel Fernandez.

Jack Ralite, ancien député, maire, ministre, conseiller régional et sénateur, il a été l’initiateur des états généraux de la culture en 1987.

Jean-Luc Tomás est maître de conférences en psychologie du travail, chercheur au Centre de recherche sur le Travail et le Développement et membre de l’équipe psychologie du travail et clinique de l’activité, dirigée par le Yves Clot, du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

Gabriel Fernandez est docteur en médecine et en psychologie, médecin du travail en activité. Il participe aux travaux de recherche de l’équipe « clinique de l’activité » et aux enseignements de la chaire de Psychologie du travail du CNAM.