Spectacles 14.15

Édito 14.15


Maintenir le cap en nous rassemblant, tel était le voeu formulé dans mon éditorial de la saison dernière et ensemble, nous l’avons maintenu. Soyez-en chaleureusement remerciés. Cependant, les zones de grandes turbulences que nous continuons de traverser me conduisent à réitérer ce souhait encore plus fortement aujourd’hui.

Quelle place notre société veut-elle réserver à l’art et à la culture ? À cette question, les réponses demeurent floues et les actes contredisent les discours. La lente érosion des moyens s’accentue, et sans la volonté de nos décideurs d’afficher dans ce domaine des ambitions claires, courageuses et visionnaires, les inquiétudes grandissent et la confiance peu à peu s’émousse.

Les structures et institutions culturelles se fragilisent, les artistes et les compagnies se précarisent, estompant la pluralité des gestes de la création. Les aides soutenant l’éducation artistique en direction des plus jeunes s’effritent elles aussi. Certes, la crise est là, mais les coups portés à un secteur pourtant vital à la mémoire, à l’évolution et aux progrès de notre société et de chacun d’entre nous ne contribuent-ils pas à nous y enfoncer davantage ?

Il nous faut donc encore aujourd’hui tenir fermement la barre, avec vous, avec les artistes et acteurs du spectacle vivant, pour défendre la création et cultiver avec passion et plus que jamais les liens susceptibles de tous nous réunir. L’équipe du Théâtre 71 s’y emploie avec ferveur et à ceux qui assènent que la culture n’est pas un bien nécessaire, nous répliquons que si elle n’est pas nécessaire, la culture demeure indispensable.

Pierre-François Roussillon
mai 2014