› Entractes - lettres de confinement

› Entracte #3 - lettre de (dé)confinement


Aujourd’hui, c’est déconfinement. Et nous voilà tous, individuellement et collectivement perplexes devant ce moment tant attendu. Après deux mois hors du temps, comment retrouver les chemins de nos engagements, de nos sociabilités, de nos métiers, de nos plaisirs ? Pour certains, comment survivre dans la période à venir ? Comment lutter contre la peur qui s’est insinuée dans nos esprits ? Comment faire de nouveau communauté tout en respectant les mesures sanitaires qui nous éloignent au quotidien les uns des autres ?

La suite est floue et incertaine. Les théâtres, les cinémas, la majorité des lieux de culture ne savent pas quand et comment ils pourront ouvrir à nouveau leurs portes pour vous accueillir et célébrer avec les artistes émotions et réflexions collectives. Pourtant, il est sûr qu’il nous faut reprendre, ou plutôt recommencer, non pour répondre à une injonction productiviste mais pour se donner la chance de ces instants indispensables.

L’équipe du Théâtre 71 va enfin regagner ses murs, d’abord pour réouvrir au plus vite la Fabrique des arts aux équipes artistiques pour répéter les spectacles à venir. Permettre aux artistes de créer pour que la suite s’invente, cela doit être notre préoccupation première. Et puis échanger, dialoguer avec les compagnies invitées la prochaine saison pour que nous nous retrouvions, comme nous l’avons projeté ou sous d’autres formes, à imaginer ensemble.

Pour cet Entracte #3, lettre de (dé)confinement, nous vous donnons à lire les témoignages de ceux d’entre vous qui ont pu accueillir l’un des spectacles hors-les-murs de la saison dans leurs intérieurs : leur enthousiasme communicatif donne de belles assurances pour l’avenir ! Egalement un focus sur le label Europa cinémas : le virus n’a pas de frontières, mais heureusement l’intelligence non plus.
L’équipe du Théâtre 71 et du cinéma Marcel Pagnol, scène nationale de Malakoff


retour sur événements

Elle et lui | Étienne Gaudillère / cie Y

Elle et lui d’Étienne Gaudillère est une proposition en miroir de son épopée théâtrale, Cannes trente-neuf / quatre-vingt-dix, proposée dans la programmation de la grande salle du Théâtre 71 avec 10 comédiens et tout le décorum du théâtre. À contrario cette petite forme en duo est entrée dans l’intimité d’appartements, de maisons ou d’espaces associatifs et a permis de faire découvrir dans la simplicité du décor domestique une romance de scènes issues des grands classiques du cinéma comme d’oeuvres plus méconnues. Les hôtes de cette miniature ont partagé avec des personnes non-spectatrices du Théâtre 71 et/ou du cinéma Marcel Pagnol (amis, famille, voisins, collègues, adhérents) la réécriture d’une histoire d’amour unique faite d’autres histoires d’amour cinématographiques.
Elle et lui a par ailleurs permis de renouer avec une formule qui a fait la réputation du Théâtre 71 : le théâtre à domicile.

Témoignages des accueillants :

« Un spectacle délicat,

joyeux et intelligent qui (...)

joyeux et intelligent qui a su exploiter avec une belle maitrise des beaux dialogues et des belles scènes de cinéma, servi par de jeunes très bons comédiens. Une belle bouffée d’air pur !
Le moment de partage avec les comédiens et le metteur en scène après la représentation a rendu la soirée encore plus riche. Expérience à renouveler !
Bien sûr le spectacle Cannes était attendu du coup avec encore plus de curiosité. Curiosité satisfaite. Voyage dans le temps et les émotions. Voyage dans l’Histoire des hommes et des courants artistiques dont le cinéma est un des meilleurs miroirs. On attend le deuxième volet avec une impatience à peine contenue en ces temps de confinement !
Je remercie ce jeune metteur en scène au regard subtil dont il m’a été donné de rencontrer deux belles réussites. »

« Le théâtre 71 est venu chez nous !

Un beau jour, je reçois un appel du Théâtre 71 me proposant de venir avec une pièce de théâtre chez moi. Il suffit que je m’engage à inviter des amis. Rendez-vous est pris pour déjà vérifier si mon appartement peut se prêter à la pièce prévue Elle et Lui jouée par 2 acteurs : une femme et un homme. Tout va bien, l’appartement est approprié et mon balcon est un plus car l’actrice doit sortir à un moment et hurler dehors. Nous sommes entourés d’immeubles et pas moyen de prévenir toute la rue ! bah tant pis, les gens penseront ce qu’ils voudront ! Le théâtre m’envoie un mail type d’invitation et je fais suivre à mes amis, mes voisins. Tous sont surpris et enchantés par cette proposition. Le jour J, les comédiens, le metteur en scène et un technicien arrivent quelques heures en avance pour préparer le "terrain" et repérer le déplacement des acteurs. Quelques meubles déplacés, des éclairages, des branchements. Les acteurs répètent avec le metteur en scène. Ils sont très concentrés. Le théâtre a apporté des bancs pliants pour les spectateurs. Ce qui est génial c’est que ces bancs sont de hauteurs variables. Tout en préparant l’apéro pour la soirée et un buffet, je savoure cette ambiance excitante de préparation du spectacle. Je suis dans les coulisses tout en étant chez moi. Mon appartement est devenu une scène et c’est un peu magique. J’ai invité un maximum d’amis et la plupart viennent alors que nous sommes au plus fort de la grève des transports. Mon ami Jacques, 72 ans, a traversé Paris en vélo par cette très froide soirée d’hiver. Nous sommes tellement nombreux qu’Emilie, organisatrice, descend dans le camion du théâtre pour rechercher des bancs. Les invités boivent un petit verre et grignotent quelques tapas en attendant l’heure. Il y a quelques retardataires mais ouf enfin tout le monde est là. Un rideau a été installé pour isoler le salon où se déroule le spectacle. Les invités (nous sommes une trentaine) pénètrent dans la "salle" et Emilie les installent. Tout le monde est épaté par l’agencement et surtout les fameux bancs. Les acteurs se sont glissés parmi les spectateurs. Le spectacle commence. Le public est totalement absorbé et les acteurs utilisent tout l’appartement pour leur déplacement et nous sommes dans un vrai décor de théâtre. Quand l’actrice sort sur le balcon et hurle, tout le monde rigole tout en s’inquiétant pour les voisins. Je me dis que si la police débarque, ça fera un effet en plus ! C’est terminé, le metteur en scène apporte des explications et répond aux questions. Il propose à chacun de venir au théâtre 71 pour venir voir la pièce qu’il a réalisé à propos du festival de Cannes. Mes amis bénéficieront d’une réduction et quant à moi et mon mari, en tant qu’hôtes, nous sommes invités. Tout le monde discute autour d’un verre, d’une soupe et de quelques sucreries. C’est très sympa ces échanges informels avec toute l’équipe du théâtre. Il est presque minuit, tout le monde est parti, le technicien revient pour tout remettre en ordre. Le lendemain je reçois plein de messages emballés de mes amis. Ils veulent tous aller voir le spectacle. On convient d’une date te revoilà une occasion de se revoir. On passe par la case bar du théâtre pour déguster un petit plat avec un petit verre avant le spectacle. Pas mal de mes amis n’étaient jamais venus au théâtre 71 et ils sont enchantés de cette découverte.

J’ai adoré cette expérience et je suis prête à la renouveler. Cela permet d’être au plus près des acteurs, de partager un moment convivial, culturel et d’attirer de nouveaux spectateurs dans les théâtres.
Mon appartement fait 100 m2 et le salon 20 m2. Ce n’est donc pas nécessaire d’avoir un loft pour être hôte. Plutôt que l’espace, c’est plutôt la configuration qui semble importante.
A renouveler donc ! »

« Pour la 1re fois, le théâtre s’est invité dans les locaux de notre Accorderie le 14 décembre dernier !

Grâce au Théâtre 71 de Malakoff

Grâce au Théâtre 71 de Malakoff et à Annie Guillemin du Comité Culture et Loisirs qui ont organisé conjointement cette soirée, une vingtaine d’Accordeurs ont eu la grande chance d’assister à une représentation gratuite de la pièce Elle et lui, qui a été créée pour être jouée en appartement chez des particuliers.
C’est une histoire d’amour et de désamour dont les dialogues sont entièrement puisés dans des répliques de films cultes. La mise en scène d’Étienne Gaudillère était très créative. J’ai beaucoup apprécié l’idée originale de la pièce et le jeu des acteurs. À l’issue de la représentation, nous avons pu échanger avec la troupe et partager un apéro très convivial. »


participez !

› Notez la date, Le Bal marionnettique sera le 18 octobre sur le plateau du Théâtre 71, alors si vous avez participé à une des masterclass données par les Anges au Plafond, baron.ne.s nous faisons appel à vous ! Quelques pas à nous montrer ? une manipulation ? une marionnette ? juste pour patienter...
Envoyez-nous votre vidéo à communication@theatre71.com

› atelier d’écriture avec Le Cadavre Exquis. Peut-être que ça ne vous évoque rien, peut-être que vous connaissez le principe par cœur... Ce qui est sûr, c’est qu’on a tous participé à un cadavre exquis un jour ou l’autre.
Ce jeu poétique inventé par les Surréalistes consiste à composer une phrase à plusieurs sans que les participant.e.s ne voient les contributions des autres. Le premier jamais écrit était : "Le cadavre exquis boira le vin nouveau", d’où le nom même du jeu.
50 phrases, issues chacune d’un ouvrage lié au surréalisme, sont ainsi à poursuivre : elles ont chacune été choisies par 5 médiathèques de la métropole nantaise.
Du 29 juin au 26 juillet 2020, une sélection de ces Cadavres Exquis Métropolitains sera inscrite à la main dans l’espace public en des fresques littéraires déployées aux abords des 5 médiathèques partenaires et chez les mécènes du projet. Un bus, quant à lui, fera voyager les mots à travers le territoire...
Mais pour l’heure, à vous de jouer !


sur la toile

Depuis quelques années maintenant, avant chaque film que nous vous proposons, est projetée une bande annonce dans laquelle défilent près de 1200 noms de villes réparties dans 43 pays. L’inscription de Malakoff dans cette liste est le fruit de notre engagement de mise en lumière du cinéma européen et la reconnaissance par la labellisation du réseau Europa Cinémas auquel nous participons.

Loin, trop loin des murs du Marcel Pagnol nous souhaitons poursuivre ce travail, aussi nous vous invitons à (re)découvrir en accès libre deux monuments du cinéma européen : Le cabinet du docteur Caligari, chef-d’œuvre de l’expressionnisme allemand réalisé en 1919 par Robert Wiene et Les chaussons rouges, film coréalisé en 1948 par Michael Powell et Emeric Pressburger qui inspirera bien des maîtres du 7e art.

LE CABINET DU DOCTEUR CALIGARI
de Robert Wiene | avec Werner Krauss, Conrad Veidt | Allemagne – 1919 | durée 1h18

Dans une fête foraine, vers 1830, le Docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu’il vivra jusqu’à l’aube. Il est en effet assassiné dans son lit. Son ami Francis soupçonne Caligari. La jeune fille que convoitaient Alan et Francis est enlevée par Cesare. Poursuivi, le somnambule s’écroule après avoir abandonné son fardeau. Francis poursuit Caligari qui se réfugie dans un asile de fous, dont il s’avère être le directeur...

Réalisé en 1919 par Robert Wiene, le chef-d’œuvre de l’expressionnisme allemand dans une version inédite restaurée splendide.

Lien dossier de presse -
Lien presse (article du Monde) :

Visible en accès libre jusqu’au 31 juillet 2020

LES CHAUSSONS ROUGES
de Michael Powell et Emeric Pressburger | avec Moira Shearer, Anton Walbrook, Marius Goring, Robert Helpmann, Léonide Massine, Albert Basserman et Ludmilla Tcherina | musique Brian Easdale (Prix de la Meilleure Musique aux Golden Globes 1949) | Royaume Uni - 1948 | durée 2h15

les chaussons rouges

Le soir de la première de Cœur de feu, le célèbre impresario Boris Lermontov – directeur de la prestigieuse troupe de ballet qui porte son nom – fait la connaissance de Victoria Page, une danseuse qui le persuade de l’engager. Dans le même temps, il embauche un jeune compositeur, Julian Craster, qui était venu se plaindre de plagiat. Intransigeant, Lermontov dirige ses employés d’une main de fer, exigeant d’eux qu’ils se vouent entièrement à leurs carrières. Lorsqu’il annonce son nouveau ballet, Les Chaussons rouges, inspiré du conte d’Andersen, il s’agit d’un projet d’une ampleur sans précédent : Craster le composera, Page le dansera ; ils deviendront des vedettes internationales, à condition de tout sacrifier à cet art…

Chef-d’œuvre impérissable du septième art, Les Chaussons rouges est l’un des sommets de la collaboration entre Michael Powell et Emeric Pressburger.
Grandiose production en Technicolor imprégnée d’une insaisissable magie, ce grand classique possède la capacité rare de marquer à jamais les esprits des spectateurs ; et pour cause, puisque Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma ou encore George Romero ont tous déclaré que leur envie de faire du cinéma n’aurait pas été aussi définitive sans leur toute première vision des Chaussons rouges. Cinéastes précurseurs, Powell et Pressburger figurent, avec Hitchcock, parmi les grands maîtres du cinéma britannique. Dans les années 40, avec leur société indépendante The Archers, ils ont conçu plusieurs films aujourd’hui considérés comme des classiques du 7e art (du Narcisse noir aux Contes d’Hoffmann). Les Chaussons rouges en est la pièce maîtresse ; une œuvre à la liberté vertigineuse et au récit flamboyant, celui d’un amour dévoré par une passion encore plus grande pour l’art.

Lien dossier de presse

Visible en accès libre jusqu’au 31 mai 2020


voir, revoir, découvrir