NOS VOISINS SONT FORMIDABLES

Kellylee Evans


Kellylee Evans

22 mars

I REMEMBER WHEN (UNIVERSAL), sortie le 25 février 2013

Une rencontre, puis une autre, et encore une autre … : la jeune carrière de Kellylee Evans est jalonnée de rendez-vous qui ponctuent une trajectoire accélérée vers le public et vers le succès. Comme si la pétillante native de Toronto donnait immédiatement envie à ceux qui l’entendent et la croisent, de partager cette chance avec le plus grand nombre. Pour saisir l’histoire d’I Remember When, son nouvel album, il faut remonter deux ans en arrière. Lors de la soirée You & The Night & The Music 2010, la chanteuse rencontre Sébastien Vidal, chargé de la programmation sur l’antenne de la radio TSF Jazz et au Duc des Lombards. Quelques temps plus tard, à New York, celui-ci présente à la jeune chanteuse, Eric Legnini, pianiste à la croisée des styles et aussi producteur. Les deux hommes, épatés par le « peps » de la jeune interprète, lui proposent une session à son image. Kellylee Evans est une artiste totalement dans son époque, il leur semble naturel de lui offrir la possibilité d’enregistrer un disque en harmonie avec une personnalité qui épouse autant la curiosité à 360° des gens de sa génération, une personnalité capable de reprendre des airs signés Eminem, John Legend ou Kanye West et de les amener à elle, dans son monde où jazz, soul, hip hop ont tout à voir. Et d’y ajouter quelques classiques d’hier « If I Was Your Woman », d’adapter elle-même le décalé « And So We Dance » (« Alors on danse » dans la V.O. signée Stromae) et de glisser plusieurs thèmes, fruits de sa collaboration avec Eric Legnini.

« La connexion avec Sébastien (Vidal) et Eric (Legnini) s’est faite simplement. Nous sommes de la même génération, nous avons tous les trois été nourris par la musique des mêmes artistes. Eric (Legnini) a une incroyable discothèque de vieille soul. Sébastien (Vidal) connait le jazz, son histoire et son actualité. Lorsqu’on s’est lancé dans l’aventure, c’est comme si on avait enclenché la machine à souvenirs. On a réécouté plein de disques qui nous étaient chers. » Restait à donner corps et cohérence à un répertoire éclectique, qui convoque des styles et des périodes aussi éclatées. « On peut parler d’un traitement et d’une esthétique soul jazz, car je suis entourée d’un groupe de musiciens avec lesquels je me produis depuis un moment. Il y a Eric Löhrer (guitare), Sylvain Romano (basse), Fabrice Moreau (batterie) et bien sur pour la session, Eric Legnini aux claviers. Mais il y a aussi un esprit assez hip hop dans ce disque. On a d’ailleurs utilisé des samples sur plusieurs titres. Et puis on en a créé d’autres, originaux. » A l’arrivée, le catalogue des qualificatifs qui avaient servi à dépeindre Miss Evans risque de s’enrichir. Preuve de l’envergure de cette artiste surtout pas prête à se laisser engoncer dans des habits trop étriqués pour elle. La canadienne, qui maitrise de mieux en mieux le français – « je m’y suis remise sérieusement, j’adore apprendre les langues » -, avec même un léger accent parisien charmant, est trop dynamique et vivante pour se priver d’être complètement une fille des années 2000. Même si c’est le jazz qui l’a découverte et révélée, et lui permet aujourd’hui d’exprimer toute sa spontanéité, notamment sur scène où elle brille par sa façon de se mettre le public dans la poche tant par la chaleur de ce timbre soulful qui rappelle quelques devancières, que par le piquant de sa communication immédiate aux autres. Elle devait être fait pour ça, se dit-on immédiatement.

Ce n’était pas écrit, mais c’est pourtant ce que se sont dits d’autres musiciens croisés sur son chemin. Après avoir chanté dans des chorales, puis dans de petites formations sans prétention, Kellylee Evans s’était consacrée à ses études en philosophie du droit et en littérature. Jusqu’à ce que le contrebassiste Lonnie Plaxico, séduit lors d’une jam à l’Ottawa Jazz Festival, l’encourage à enregistrer une démo, et à se présenter à la prestigieuse Thelonious Monk Jazz Vocal Competition, à Washington. « Je suis passée directement de chanteuse sous la douche, aux planches du Kennedy Center », confie-t-elle en s’amusant. En s’amusant, elle sera faite deuxième d’un concours de réputation internationale par un jury constitué de Quincy Jones, Al Jarreau et Flora Purim. « A la maison, j’avais été bercée par la musique de Nina Simone. Etudiante, j’ai commencé à écouter Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Carmen McRae et Abbey Lincoln. Puis j’ai aussi grandi avec les hits de Michael Jackson. Et je reste une fan de musique, je suis allée écouter Kanye West et Jay Z, j’adore Coldplay, Maria Callas … »

En 2007, Kellylee Evans signe Fight Or Flight, son premier opus. Suivront Good Girl en 2010 et Nina en 2011, hommage à Nina Simone qui la révèle au public français. On la situe dans un entre-deux, entre jazz et soul, entre Lizz Wright et Erykah Badu. I Remember When signale à tous ceux qui seraient encore tentés de lui coller une étiquette que Kellylee Evans a une signature, celle d’une jeune femme rayonnante, qui n’a pas froid aux yeux et séduit à chaque étape de cette aventure qu’elle croque à pleines dents. « J’ai hérité de ma mère une vraie joie de vivre. Quand je suis sur scène, je suis heureuse, je me dis que j’ai beaucoup de chance. Qu’il s’agisse d’un concert en ouverture de Tony Bennett ou de Dianne Reeves dans un grand festival, ou dans une petit club face à trente personnes. »


Théâtre Victor Hugo

DATES ET HORAIRES

vendredi 22 mars à 20h30


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