Jeanne Champagne remonte le fleuve Duras, pénètre ses débordements, pour mieux en cerner l’esprit, pour mieux retourner à la source de l’écriture et de l’enfance. Embarquée pour une longue traversée de l’œuvre, elle nous présente L’Éden Cinéma et La maison, deux des trois opus qu’elle a montés. L’invitation dans la cuisine de la maison nous plonge dans les souvenirs de Duras, dans le soin qu’elle prenait à faire la soupe pour l’offrir à ses proches faute de pouvoir leur dire son amour. À chaque légume épluché, elle distille une réflexion sur le statut symbolique de la maison et sur la place de la femme. La metteur en scène et sa fidèle comédienne, Tania Torrens, s’approchent au plus près de la langue et, par la magie du théâtre, lèvent le voile sur Marguerite au quotidien, rieuse et humaine. Pour mieux entrer chez l’hôte et assister à la préparation de l’offrande, nous ouvrons La Fabrique des Arts, notre propre maison où se répètent à discrétion les spectacles. Un toit propice pour savourer la tendresse et l’espièglerie de chaque page du journal durassien comme la douceur d’un dîner au coin du feu.
L’Éden Cinéma



