Festival Standard Idéal

théâtre | programmation internationale | festival hors les murs de la MC93

Le Standard idéal - MC93


24 › 27 mars

La MC93 fermera ses portes en 2015 : un nouvel espace scénique verra le jour et la grande salle sera rénovée. En attendant, elle fête hors les murs les dix ans de son festival international Le Standard Idéal. L’ambition est de faire découvrir au public le théâtre tel qu’il se fait « ailleurs ». Que demande-t-on au théâtre à Moscou ou Shanghai, qu’en attend-on à Naples ou à Berlin ? Quelle formation pour les acteurs ? Projets classiques ou contemporains, peu importe, ils sont indissociables. La « modernité » ne renvoie à rien d’intelligible si elle est coupée de son histoire. Comment Lev Dodine sort Tchekhov des clichés décoratifs. Comment Wang Renjie, dramaturge du Liyuan dans le sud de la Chine, détourne les textes néo-confucianistes en fables sur le désir. Quel que soit l’espace ou la forme, ce qu’il y a de commun à tous les théâtres, ce sont les acteurs. Ceux accueillis au Théâtre 71, issus de la fantastique École du Théâtre d’Art de Moscou, revisitent pour nous de grandes pages du répertoire. La programmation fraîchement dévoilée, avec deux spectacles Étude sur Le Bruit et la fureur d’après Faulkner et Séance d’un autre temps, sont l’occasion de (re)découvrir ces brillants héritiers qui maintiennent bien vivante la « méthode Stanislavski ».

Patrick Sommier, directeur de la MC93

___

Le grand théâtre russe commence à l’école, comme celle du Théâtre d’Art, fondée par Constantin Stanislavski. Deux spectacles pour apprécier le savoir-faire de dix-huit jeunes acteurs de 3e année. La jeune avant-garde russe du théâtre débarque à Malakoff avec un florilège de l’art de jouer. Rien d’académique, au contraire, une prise à bras-le-corps des scènes et des personnages dans une vision totalement actuelle, une jeunesse totalement déchaînée et une maîtrise du jeu qui frôle à chaque instant la virtuosité.

Toutes les écoles russes s’inspirent d’une même idée du théâtre, celle de Constantin Stanislavski, dont la pensée, la rigueur, la foi dans le théâtre a essaimé aux quatre coins du monde (à New York notamment avec le fameux Actor’s Studio de Lee Strasberg).
Et quand on parle de Stanislavski, on se réfère bien sûr et avant tout au Théâtre d’Art de Moscou qu’il fonda en 1897 avec Vladimir Nemirovitch-Dantchenko. Théâtre légendaire qui devint très vite celui d’Anton Tchekhov après le triomphe qu’y connut La Mouette. Les trois pièces qui suivirent, Oncle Vania, les Trois Sœurs et la Cerisaie furent ensuite toutes créées au Théâtre d’Art. Et bien sûr, il y a dans cette très noble institution, une école, qui fut longtemps dirigée par un des plus brillants intellectuels de Russie, Anatoly Smelianski.
Si on est toujours ébloui par les élèves de cette grande école, c’est certes à la « méthode » Stanislavski qu’on en attribue ce succès, mais c’est aussi grâce à quatre, voire cinq années de travail acharné où chaque journée dure dix heures, chaque semaine sept jours, où chaque année ne connaît qu’un court été. Rude épreuve que celle de l’admission où seuls, vingt-six prétendants sont sélectionnés sur plusieurs milliers. Quatre ans plus tard, les meilleurs élèves intègrent la prestigieuse institution et les grands théâtres de Moscou.

___

Programmation internationale hors les murs de la MC93

La MC93 présente sur cinq scènes amies la 10e édition de son festival Le Standard Idéal Le Monfort Théâtre, Nouveau Théâtre de Montreuil Centre Dramatique National, Théâtre de la Commune Centre Dramatique National d’Aubervilliers, Théâtre Gérard Philipe Centre Dramatique National de Saint-Denis et Théâtre 71 Scène Nationale de Malakoff.