Entre fable énigmatique et plans séquences, Koltès nous laisse une œuvre brillante, universelle et humaniste. Devenu un classique du répertoire contemporain français, l’auteur fétiche de Chéreau met en scène la vie de marginaux de tous poils. Ici, en référence à l’écrivain de L’Attrape-cœurs, il s’attache à la détresse de la jeunesse américaine et au sacrifice des hommes sur l’autel de la patrie. De retour de Corée, Le Rouquin met fin à sa vie. À l’heure où le pays se mobilise pour la guerre du Vietnam, il revient hanter les solitudes de ses proches en deuil. Chacun cherche une voie dans la relation familiale, un sens à la violence et organise sa résistance. Si Sallinger a nourri une vision française des États-Unis, l’Argentine ouvre avec ce projet créé au Teatro San Martin, un horizon inédit sur notre patrimoine littéraire. Sous la houlette de Paul Desveaux, l’empreinte des acteurs de Buenos Aires, l’énergie innée de leur jeu, revisitent intensément cette tragi-comédie. À la musicalité des mots, il mixe un jazz proche du film noir et le son rap des eighties. New York n’a jamais été aussi multiculturelle, multilingue, aussi actuelle.
avec le soutien de l’Onda Office national de diffusion artistique




