Le 29 mars 1978 à 18 heures 30, en la salle du petit Odéon à Paris, surgissait de la tête - et des jambes ! - d’une drôle de bande de six compagnons de théâtre [1], un spectacle insolite et brillant, dont la figure unique (et... unique !), était celle d’un écrivain célèbre du temps d’avant. Et c’est ainsi que Jean-Jacques Rousseau devint un personnage de théâtre ! Ce portrait en forme d’essai (ou bien cet essai en forme de portrait) connut un succès formidable, dont ceux, nombreux, qui l’ont vu, gardent un souvenir joyeux.
Trente années après sa naissance à la scène, la figure provocatrice de « Jean- Jacques » et sa belle prose rageuse nous ravissent et nous stimulent toujours. C’est à ce même drôle de bonhomme, désormais narrateur de sa propre littérature, étudié jadis à l’école ou relu depuis, chéri des uns ou détesté des autres, méconnu ou mal connu, que nous souhaitons rendre vie à notre tour. Ainsi, du réveil au sommeil, l’actrice Marief Guittier et le technicien Bertrand Fayolle, seuls en scène, s’adresseront à une petite centaine de spectateurs, pas plus, qui assisteront, confortablement assis dans des canapés et des chaises « d’époque », à une journée d’été à la campagne en compagnie de « Jean-Jacques ».
Quelques pages arrachées aux Rêveries du promeneur solitaire, aux Confessions et à La lettre à d’Alembert, dessineront, durant une heure de temps, en forme de monologue, le portrait fragmenté d’un « héros »de la littérature française.
Michel Raskine




