La pièce commence alors que Kiwi a douze ans et se termine l’année de ses quinze ans.
Sous mon bonnet, j’ai une langue cachée au milieu de ma tête. Une langue bleue.
Même quand je laisse ma bouche ouverte, sans parler, et que je crie par en dedans, dans ma tête, jusqu’à bourdonner dans mes oreilles, personne n’entend ce que je me dis avec ma langue bleue.
Une jeune enfant, abandonnée par ses parents, demeure avec son vieil oncle et sa femme dans la cabane d’un bidonville d’une métropole. Comme l’arrivée des Jeux Olympiques est proche, les autorités veulent nettoyer la ville et cacher la misère des enfants qui rôdent dans les rues, orphelins ou expulsés par leurs parents trop pauvres pour leur donner le gîte et le couvert et qui sont obligés de vivre d’expédients.
Laissée par le couple sur la place publique de la grande ville, la jeune fille se retrouve en prison où elle rencontre un groupe de jeunes sans- abri qui la prend en charge. Mangue et Papaye, un jeune couple de seize ans, dictent les règles du groupe et lui expliquent qu’elle peut vivre avec eux, dans cette nouvelle famille aux noms de fruits et de légumes, qu’elle devra oublier son nom d’autrefois, sa vie ancienne, être fidèle au groupe et travailler à la subsistance de la Famille Verte. Elle sera dorénavant nommée Kiwi.
« Je suis persuadé que la technologie n’est pas une entrave, comme trop souvent on le pense et qu’elle peut permettre des avancées vers l’être et sa profondeur. De l’extérieur, on peut penser que la technologie procède par opérations savantes et froides, mais dès qu’elle est opposée à une sorte de jeu presqu’archaïque, une magie s’en dégage. Je crois qu’il est urgent que les artistes de la scène s’approprient ces nouveaux moyens technologiques et qu’ils s’en servent comme traces mémoricielles »
Daniel Danis




