Il s’agit de faire ressortir la poésie qui se dégage de cette quête : le but du personnage était de voir la mer. Pour cela, il a utilisé le seul moyen de déplacement à sa disposition : son vélo. A aucun moment il n’a pensé aux dangers éventuels durant ce périple, aux formalités administratives nécessaires pour traverser des pays. Cette immédiateté des choses, la place du possible, du rêve, dans le raisonnement du personnage, lui donnent une candeur et une naïveté peu tolérables dans nos sociétés dites civilisées.
La liberté de circulation est encadrée par des règles et des lois que ne connaît pas le rêve. Pourtant, les briseurs de rêves sont les garants du respect de ces cadres et d’un ordre qu’il faut bien établir d’une façon ou d’une autre. Alors comment faire cohabiter les envies de tout un chacun dans les cadres qu’impose la vie collective ? Nos règles de vie sociale sont-elles encore capables de préserver les libertés individuelles ?
Et puis savons-nous encore saisir l’indispensable part du hasard ?
Des questions complexes, lourdes, difficiles… où la réponse serait peut-être juste regarde…
Serge Boulier
La Mer en pointillés a reçu le Molière 2007 du spectacle jeune public



