rencontres

› Les dramaturges allemands s’invitent à l’opéra


15 janv, 19h Gœthe Institut de Paris

De la pièce de théâtre à l’opéra, cette rencontre menée par un musicologue, vous invite à découvrir les liens entre Lenz, Büchner, Wedekind, Zimmermann, Rihm et Berg. Leurs livrets prennent appui sur les pièces de théâtre des trois dramaturges allemands accueillies cette saison dans les mises en scène d’Anne-Laure Liégeois et Paul Desveaux, deux artistes qui se sont par ailleurs confrontés à la mise en scène d’opéras. En 2015, la metteure en scène des Soldats & Lenz, montait Acis et Galatea, opéra en deux actes de Georg Friedrich Haendel d’après le livret de John Gay ; quant au metteur en scène de Lulu, ce fut Les Enfants terribles de Philip Glass d’après l’œuvre de Jean Cocteau, en 2007.

Les Soldats, Lenz & (...)

Les Soldats, Lenz & Lulu
Avec Les Soldats, Zimmermann choisit « une forme pluraliste de théâtre musical » capable de saisir le caractère multiple et changeant de la réalité. Avec 170 musiciens, 50 solistes, des lignes vocales éclatées entre le chant, la parole, le hurlement, le murmure, ses clins d’œil au jazz, aux chorales de Bach, et même au cinéma (un film était censé se surajouter à la scène la plus complexe), il parvient à la réalisation d’un « théâtre total ». Parfaitement en phase avec son sujet, son « belcanto atonal » le relie bien sûr à la Lulu de Berg, elle aussi abonnée aux acrobaties sérielles pour un éblouissant résultat émotionnel. L’œuvre fut reconnue dès sa création comme la plus importante du XXe siècle depuis la Lulu d’Alban Berg.
Jakob Lenz est une œuvre de jeunesse (1979) de Wolfgang Rihm tiré de Lenz, la nouvelle de Georg Büchner, dont le livret de Michael Fröhling évoque aussi la personnalité de l’écrivain. Dans son opéra de chambre en treize tableaux, l’esthétique du compositeur allemand – qui n’a que 25 ans lorsqu’il écrit son ouvrage – est très « hybride », tous les moyens à ses yeux étant justifiés dès lors qu’ils soutiennent l’expressivité de sa musique, souci prioritaire. Au nom de l’esthétique qu’on a appelé « la nouvelle simplicité », on voit que des suggestions de valses côtoient des chorals, voire des allusions jazzy, et des soupçons de musiques répétitives, avec un frémissement minimaliste.
Lulu ne comporte que deux actes à sa création à Zurich en 1937. L’orchestration du troisième acte reste inachevée en raison de la mort prématurée de l’auteur en 1935. Après le décès de l’épouse d’Alban Berg, hostile à toute tentative d’achèvement, le chef d’orchestre et compositeur viennois Friedrich Cerha, parvient à réaliser avec les différents matériaux laissés par Berg, la version en trois actes qui sera créée en 1979 à l’Opéra de Paris avec Teresa Stratas dans le rôle-titre, Pierre Boulez à la direction d’orchestre et Patrice Chéreau pour la mise en scène. Cette nouvelle création quasiment légendaire s’impose définitivement par son évidente réussite.

Alban Berg

Né le 9 février 1885 à Vienne. Mort dans la même ville le 24 décembre 1935. Il fait partie avec Arnold Schönberg et Anton Webern de la seconde école de Vienne, connue pour l’utilisation du dodécaphonisme - échelle de 12 sons indépendants d’une quelconque tonalité.

Lorsqu’Alban Berg rencontre Schoenberg en 1904, celui-ci vient de terminer son premier quatuor. Entre le maître et l’élève s’établit aussitôt un climat de confiance et une inaltérable amitié. Schoenberg instruit Berg dans toutes les sciences musicales (harmonie, contrepoint, analyse, orchestration), mais surtout il se préoccupe de la personnalité de son élève, favorisant par ses conseils intelligents, la maturation de son tempérament d’artiste. Trois œuvres importantes de Berg (les Pièces pour orchestre, op. 6, le Kammerkonzert et Lulu) sont dédiées à Schoenberg, en témoignage de sa filiale admiration.

Wolfgang Rihm

Wolfgang Rihm est compositeur et professeur de composition allemand, né en 1952 à Karlsruhe. Sa musique est largement marquée par les œuvres d’Anton Webern, Helmut Lachenmann ou encore Luigi Nono ainsi que par les arts plastiques et la littérature.

Initié très jeune à la musique mais aussi la peinture contemporaine, il commence à composer dès son plus jeune âge. Il étudie d’abord à l’Académie de musique de sa ville natale avant d’assister en 1970 au cours d’été de Darmstadt. À cette même époque, il suit l’enseignement de Karlheinz Stockhausen à Cologne et de Klaus Huber et Hans Heinrich Eggebrecht à Fribourg. Compositeur reconnu, il enseigne à partir de 1978 à Darmstadt et à l’académie de musique de Munich à partir de 1981. De 1984 à 1989, il est aussi coéditeur du journal musical Melos et conseiller musical de l’opéra national de Berlin. Le catalogue de Wolfgang Rihm compte presque quatre cent opus parmi lesquels plusieurs quatuors à cordes et opéras tels que Die Hamletmaschine (1983), Die Eroberung von Mexico (1991) ou encore Das Gehege (2006). Wolfgang Rihm a reçu de nombreux prix, comme le Stuttgart Prize (1974), le prix Bach de la ville de Hambourg (2000) ou encore le prestigieux Lion d’or de la Biennale de Venise (2010).

Bernd Alois Zimmermann

Bernd Alois Zimmermann se définit lui-même comme un « mélange typiquement rhénan de moine et de Dionysos ». La maladie et la guerre ont marqué au fer rouge le parcours de ce musicien pédagogue et fin lettré (1918, Bliesheim – 1970, Königsdorf).

Die Soldaten est l’unique opéra de Zimmermann, compositeur allemand formé au sérialisme par René Leibowitz. Lorsqu’en 1957 il découvre la pièce éponyme de JMR Lenz – surgie dans le cerveau du dramaturge à l’issue de douloureuses expériences de caserne strasbourgeoise et de moult questionnements sur la sexualité -, Zimmermann y voit aussitôt l’occasion d’y exprimer le difficile grand écart intérieur qui l’habite, entre une profonde religiosité et une stupeur qui ne l’est pas moins face à la violence d’un monde qui le terrifie. Zimmermann est un humaniste d’une extrême sensibilité, animé d’un sens de la solidarité et de la compassion très à vif envers toute la souffrance du monde.


BILLETTERIE EN LIGNE

15 janv, 19h Gœthe Institut de Paris, M° Iéna
17 Avenue d’Iéna, 75016 Paris
› entrée libre sur réservation


Imprimez
Parlez-en